Premier savasana

Il n’y avait pas de bruit.
32 corps allongés sur le dos, immobiles.
Et les yeux rivés au plafond, grand ouverts, accrochés aux tuyaux argentés qui serpentaient sous le béton brut, rien d’autre à cet instant n’était plus passionnant que de constater qu’elle n’avait pas besoin de respirer.
Ses poumons ne demandaient pas d’air. L’inspiration n’était pas superflue, elle n’était simplement pas nécessaire. La quantité d’oxygène dans son sang était tout à fait suffisante. Les cellules étaient immobiles. Figées en ce moment d’équilibre.
De la même façon, expirer était inutile. Il y aurait eu un manque. Un trou. Une lacune dans son corps. L’air était en suspend, presque solide.
Il était complètement incroyable de faire le constat que son être, vibrant, déconcentré et anxieux n’avait aucun besoin.

Aucun autre besoin que celui d’exister.

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