#metoo

J’ai hésité avant de publier #moiaussi. Parce qu’on se dit « au fond, est-ce que c’était vraiment grave ? » ou encore « je suis pas traumatisée, ça va… »…

Ce qui m’a fait me décider, c’est que la première fois, c’était une femme.

Tableau Gabrielle dEstrees

Et il est important pour moi de souligner que le problème, ça n’est absolument pas les hommes. Eux sont comme nous, des victimes de la société elle-même et de l’influence dramatique des médias sur nos vies.
Parce que nous voyons les mêmes images dans les publicités, sommes soumis aux mêmes photos dans les magazines et répétons bêtement les mêmes absurdités sans prendre de recul sur ce qu’on nous balance de tous les côtés.
On renforce des clichés malsains en prétextant l’humour, et parce qu’au fond on manque cruellement d’amour-propre, on attaque ceux qui sortent du cadre pour se rassurer sur notre place.

Le problème, c’est l’ignorance.

Alors oui, j’ai vécu moi aussi ces frotteurs compulsifs dans les transports, ceux qui affichent leur pénis à bicyclette, se masturbent dans les lieux publics, me menacent de me filer le SIDA dans les couloirs du métro, mais ceux-là sont cassés, tordus, égarés dans leur tête. Je ne les excuse pas, je les dénonce, je les plains. En revanche, cette jeune femme qui s’est accrochée à ma poitrine dans un tram, elle, avait toute sa tête. Je ne portais pas de soutien-gorge. C’était affirmer le peu de respect qu’elle avait pour les poitrines « libres », le dégoût visible qu’elle éprouvait à la vue d’une forme de sein « normal », à la courbe plus douce, la pointe plus nette, qui réagit à mes mouvements et répond à mes émotions.

Et elle n’est pas la seule. Combien d’entre vous, hommes et femmes, êtes dégoutés, choqués ou critiques envers une femme qui ne porte pas de soutien-gorge ? Combien d’entre vous se sont retournés vers leurs potes en leur jetant un regard entendu ? Ont rigolé grassement dans son dos et partagé l’information avec leurs collègues entre deux bureaux ? Il est toujours admis de rire de celles qui ne s’épilent pas ou de ceux qui portent des jupes.

Les hommes ne sont pas le coeur du problème. Les femmes non plus. Ce sont nos petites réactions, petits mots, petites pensées, qui composent le monde dans lequel nous vivons. Et remonter à leur origine, pour être moins aveugle sur les programmes et conditionnements qui nous animent, c’est nécessaire. C’est être un adulte conscient et responsable. C’est être mature.
L’ignorance est la véritable source de tout égarement intellectuel, et de tout débordement physique. Ça n’excuse rien, ça donne une bonne piste pour une solution en profondeur.

Ouvrir des écoles pour fermer des prisons, l’idée ne date pas d’hier… Mais en attendant d’avoir des subventions, on peut tous faire une immense différence. En surveillant nos mots de tous les jours, en évitant les petites blagues misogynes, racistes ou homophobes, en n’étant plus dupe des unes des magazines. En reprenant une part de tarte aux pommes sans faire de commentaire sur ses kilos, sans citer le bourrelet de vos copines et en apprenant à aimer son corps à soi puis celui des autres. On peut faire notre part, à notre échelle, et on a le choix à chaque fois qu’on achète, à chaque fois qu’on regarde, écoute et parle.

Alors faisons changer les choses, en aimant très bien et très fort les uns, les autres… et soi-même.

💕

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